La chenille processionnaire du pin.

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa.

Document INRA
Document INRA

Elle fait partie de l’ordre des Lépidoptères. La chenille processionnaire du pin est en passe de conquérir la presque totalité du territoire français à l’exception des zones froides d’altitudes très élevées ou au nord. Remontant du sud vers le nord à la faveur du changement climatique, cette espèce invasive constitue un véritable sujet de préoccupation sanitaire et sociétale.

Ces chenilles forment un nid volumineux, l’hiver, côté sud de l’arbre pour profiter du soleil. Elles sortent du nid pour se nourrir et entretenir le nid. Au printemps, la colonie conduite par une femelle quitte l’abri et se dirige vers le sol. C’est la procession de nymphose : toutes les chenilles se tiennent les unes aux autres et se déplacent en longue file. Une file peut compter quelques centaines de chenilles. Au bout de plusieurs jours, elles s’arrêtent dans un endroit bien ensoleillé et s’enfouissent dans le sol.

Deux semaines plus tard, toujours dans le sol, les processionnaires tissent des cocons individuels et se transforment en chrysalides. Elles restent dans cet état pendant plusieurs mois.

Au bout de quelTraumatocampa_pityocampa01ques mois, chaque chrysalide se métamorphose en papillon, toujours sous la terre. Et puis, un soir d’été, les papillons sortent de terre… mâles et femelles s’accouplent, les mâles meurent 1 ou 2 jours après et les femelles s’envolent et déposent entre 70 et 300 oeufs sur les aiguilles de pin. Puis elles meurent à leur tour.

Près de 20 nids ont été repérés entre La Berge et le Chazeau ! Nids visibles depuis la route. Il y en a donc probablement des centaines d’autres sur le territoire de la commune.

Les Risques :

Quelques semaines après son éclosion, la chenille processionnaire se dote de soies urticantes qu’elle libère lorsqu’elle se sent en danger. Ces soies, en forme de harpon, peuvent se fixer sur l’épiderme, les yeux ou les voies respiratoires de quiconque s’approche de l’insecte. Il suffit alors de se gratter pour qu’elles se cassent et diffusent dans l’organisme une protéine toxique appelée thaumétopoéine.

Les animaux domestiques (chiens, chats) sont les premières victimes de cette contamination.

Les jeunes chiots sont tout particulièrement exposés : curieux de tout, ils ne manqueront pas de coller la truffe ou la langue sur une belle procession de chenilles. Les conséquences peuvent être terribles. L’inflammation et l’œdème de la langue ou de la muqueuse buccale résultants peuvent les empêcher de se nourrir ou de s’abreuver. L’envenimation peut aller jusqu’à des nécroses sur toute la région buccale. Les ablations de la langue ne sont pas rares dans ce cas. Nombreux sont les vétérinaires ayant dû sacrifier des chiens ou des chats gravement blessés par la processionnaire.

Les conséquences sur l’homme sont généralement moins graves. La plupart du temps, une exposition aux soies urticantes de la chenille se traduit par une simple démangeaison accompagnée de boutons qui disparaissent au bout de deux ou trois jours. Parfois, la réaction va jusqu’à l’œdème.  Dans certains cas très rares, au maximum 2 à 3 % de la population, cette exposition peut conduire à un choc anaphylactique, une réaction allergique exacerbée nécessitant une hospitalisation.

Il existe actuellement une belle palette de méthodes pour contrer une infestation de chenilles processionnaires.

Celles-ci peuvent être divisées en deux : les méthodes curatives et les méthodes préventives.

Méthodes curatives :Écopiège_à_chenille_processionnaire

La méthode la plus évidente, consiste tout simplement à détruire manuellement les nids, et à incinérer les chenilles récoltées. Ceci n’est possible que pour des petites surfaces et pour des arbres ne dépassant pas les 3 ou 4 mètres de hauteur. Un équipement de protection est indispensable pour se protéger du courroux des chenilles attaquées.

Pour les grandes surfaces, l’épandage de Bt est utilisé depuis plus de cinquante ans. Le Bt, Bacillus thuringiensis, est un microorganisme qui tue les chenilles de lépidoptères. Néanmoins, suite au Grenelle de l’Environnement, il est désormais interdit d’épandre le Bt par hélicoptère ou ULM, sauf dérogation préfectorale.

Grâce à des pièges diffusant des phéromones de synthèse imitant celle des femelles, on peut attirer et éliminer une part importante des mâles d’un terrain donné. Ceci réduira d’autant le nombre de fécondations, et donc de pontes et de nids de processionnaires.

Le moment de la procession est le moment idéal pour capturer toutes les chenilles d’un arbre. Il suffit d’y installer un piège à chenilles tout simple : une collerette entourant le tronc de l’arbre, percé d’un trou débouchant dans un sac plastique. Ces éco-pièges sont particulièrement recommandés pour les particuliers qui voient leur jardin infesté.

Méthodes préventives :

L’une de ces méthodes consiste à poser, en ville ou en forêt, des nichoirs à mésanges. Ces gracieux oiseaux insectivores peuvent en une seule journée dévorer une quarantaine de chenilles, prélevées directement dans l’abri de soie.

Planter une haie de feuillus à la lisière d’une forêt de pins peut protéger cette dernière des attaques de la processionnaire. En effet, les chercheurs ont remarqué que certaines essences, en particulier le bouleau, ont la faculté de cacher la vue des pins pour les processionnaires, voire de les éloigner grâce à des odeurs répulsives.

 

 

Merci au Dr Vétérinaire DECO
Textes et illustrations sont de l’INRA et du site internet « France Chenille »

Pour en savoir encore plus : INRA.fr